Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que cette question vous travaille. Votre bail arrive à échéance, votre logement commence à être trop petit, ou vous regardez des annonces depuis des mois en vous demandant si vous faites bien d’attendre.
Sur Google, cela donne souvent des recherches très simples.
Derrière ces requêtes, il n’y a pas une stratégie financière sophistiquée. Il y a surtout une inquiétude très concrète. Celle de voir son pouvoir d’achat diminuer pendant que l’on attend, alors que les prix continuent de monter.
En 2026, cette inquiétude est légitime.
Elle est alimentée par plusieurs facteurs à la fois : l’inflation, l’instabilité économique, les marchés financiers difficiles à lire et un marché immobilier qui reste sous pression.
Sur le terrain, les prix continuent de grimper. Un peu partout au Québec, acheter coûte plus cher qu’il y a un an, même si l’ampleur de la hausse varie beaucoup selon les régions et le type de logement. Dans plusieurs marchés, on parle d’augmentations autour de 7 %, parfois plus, parfois moins.
En face, les taux ont cessé de s’emballer. Après plusieurs années de hausses rapides, le mouvement s’est calmé. La Banque du Canada a appuyé sur pause, ce qui a freiné la montée des taux hypothécaires. Mais il faut le dire clairement : on est encore loin des conditions d’avant 2022, et les baisses espérées ne se feront pas du jour au lendemain.
En résumé :

L’inflation a profondément changé la manière dont les ménages perçoivent leur argent. Laisser des liquidités sur un compte donne parfois l’impression de perdre du terrain. À l’inverse, certains placements financiers, comme la bourse, ont connu des variations marquées, créant chez plusieurs un sentiment de déclassement ou d’inconfort.
Dans ce contexte, beaucoup comparent. Faut-il investir en bourse, placer dans un CELI ou un REER, ou acheter une propriété ? Sans entrer dans le technique, une chose ressort souvent : l’immobilier reste perçu comme un placement plus concret, plus lisible, surtout en période d’incertitude économique ou politique.
L’immobilier résidentiel répond à un besoin fondamental. Se loger. Mais il joue aussi un autre rôle important.
Acheter une propriété, c’est mettre en place une forme d’épargne forcée. Chaque paiement mensuel sert en partie à rembourser un capital. Contrairement au loyer, tout ne disparaît pas.
Pour beaucoup de ménages, cette logique ressemble à une forme de pension forcée ou d’économie structurée. On n’épargne pas uniquement par discipline personnelle, mais parce que le système l’impose. À long terme, cela peut représenter une manière d’économiser pour la retraite, surtout dans un contexte où l’avenir des régimes publics et des marchés financiers est perçu comme incertain.
Le dilemme reste pourtant très simple
Même avec cette vision à long terme, la question immédiate demeure.
Quand les taux baissent, les paiements diminuent.
Quand les prix augmentent, les paiements augmentent.
Votre pouvoir d’achat dépend de l’équilibre entre ces deux mouvements.
Un exemple concret pour se projeter sans être expert
Prenons un cas réaliste et volontairement simple.
Prix de la propriété aujourd’hui : 536 000 $
Mise de fonds : 20 pour cent
Montant emprunté : 428 800 $
Durée d’amortissement : 25 ans
Taux hypothécaire actuel : 4,7 pour cent
Avec ces paramètres, la mensualité est d’environ 2 430 $ par mois.
C’est notre point de référence.
Si vous attendez un an : que se passe-t-il vraiment ?
Hypothèse 1 : hausse de prix de 7 pour cent
Le prix de la même propriété passe à environ 573 520 $.
Le montant emprunté monte à 458 816 $.
Si le taux baisse légèrement, par exemple de 0,5 point, la mensualité grimpe autour de 2 470 $. Vous payez plus chaque mois, malgré la baisse des taux.
Si le taux baisse davantage, par exemple d’un point complet, la mensualité descend autour de 2 350 $. Dans ce cas, la baisse des taux compense la hausse des prix.
Hypothèse 2 : hausse de prix de 10 pour cent
Le prix atteint environ 589 600 $.
Dans ce scénario, une baisse modérée des taux ne suffit plus. Même une baisse importante devient presque neutre.
Plus les prix montent vite, plus attendre devient risqué.
|
Scénario |
Prix estimé |
Taux |
Mensualité approx |
Écart vs acheter maintenant |
Mise de fonds (20%) |
|
Acheter maintenant |
536 000 $ |
4,7 % |
2 430 $ |
0 $ |
107 200 $ |
|
Attendre 1 an : prix +7%, taux -0,5 |
573 520 $ |
4,2 % |
2 470 $ |
+40 $ |
114 704 $ |
|
Attendre 1 an : prix +7%, taux -1 |
573 520 $ |
3,7 % |
2 350 $ |
-80 $ |
114 704 $ |
|
Attendre 1 an : prix +10% (taux variable) |
589 600 $ |
variable |
> 2 430 $ |
hausse probable |
117 920 $ |
Avec des paramètres comme ceux-ci :
une baisse de taux de 0,5 point est annulée par une hausse de prix d’environ 5 pour cent
une baisse de taux de 1 point est annulée par une hausse d’environ 11 pour cent
Posez-vous donc cette question clé : dans votre secteur, les prix peuvent-ils augmenter plus vite que ces seuils pendant que vous attendez ?

Renouveler un bail n’est pas neutre.
Un loyer de 1 200 $ qui augmente de 5 pour cent passe à 1 260 $. Cela représente 720 $ de plus sur un an. Ce montant s’ajoute au coût de l’attente.
Pour certains ménages, acheter devient alors une autre manière d’économiser. Non pas en mettant de l’argent de côté chaque mois, mais en transformant une dépense contrainte en construction progressive de patrimoine.
Avant de décider, il faut intégrer les coûts réels :
Ces montants n’annulent pas l’intérêt d’acheter, mais ils doivent être anticipés pour éviter les mauvaises surprises.
Pour vous projeter, vous pouvez utiliser :
Ces outils ne décident pas à votre place, mais ils vous aident à objectiver votre choix.
Acheter n’est pas la seule option. Certains préfèrent investir via un CELI ou un REER, d’autres envisagent l’investissement locatif. Chaque option a ses avantages et ses contraintes.
La différence majeure reste la suivante : l’immobilier combine usage et placement. Il sécurise le logement tout en constituant une épargne progressive, souvent pensée comme un complément à la retraite.
Votre pouvoir d’achat ne disparaît pas du jour au lendemain. Il s’érode lentement, souvent pendant les périodes d’attente.
Dans un contexte d’inflation, d’incertitudes économiques et de marchés financiers instables, l’immobilier résidentiel reste pour beaucoup un repère. Non pas parce qu’il est parfait, mais parce qu’il transforme une contrainte en projection à long terme.
Attendre peut parfois être payant.
Mais attendre sans mesurer le coût réel peut être l’erreur la plus chère.
Si vous le souhaitez, je peux maintenant adapter cet article à une ville précise, intégrer un tableau personnalisé ou transformer ce contenu en page pilier pour votre site.
Enzo est cofondateur de Vistoo. Avec plus de cinq ans d’expérience dans l’industrie, il maîtrise autant le marché locatif que le marché des ventes, en plus d’avoir une solide expérience en construction et gestion immobilière. Diplômé en marketing, il a aussi réalisé plusieurs projets universitaires liés à l’immobilier.
Quand il ne travaille pas sur Vistoo, vous le trouverez sur un terrain de soccer, à faire du sport, ou avec son laptop en voyage, incapable de vraiment décrocher du travail.