Quand on cherche un logement, le premier réflexe est souvent le même : regarder le loyer.
1 700 $, 1 900 $, 2 100 $ par mois. On compare les appartements, les quartiers, la superficie. Puis on regarde ce qui entre dans le budget.
Mais il y a une autre dépense qui mérite un peu plus d'attention en 2026 : l'électricité.
Depuis le 1er avril, les tarifs résidentiels d'Hydro-Québec ont augmenté de 3 %. La Régie de l'énergie du Québec a aussi fixé des hausses de 3 % pour 2027 et de 2,6 % pour 2028, même si ces deux dernières demeurent provisoires pour le moment.
Sur le papier, 3 %, ce n'est pas énorme.
Mais quand l'hiver arrive et que le chauffage fonctionne pendant des semaines, la différence entre un logement qui conserve bien sa chaleur et un autre qui la laisse filer peut finir par compter beaucoup plus que prévu.
C'est là que le neuf mérite qu'on s'y attarde.

On pense souvent que la facture d'Hydro-Québec dépend surtout de nos habitudes. C'est vrai, mais pas seulement.
Le bâtiment compte lui aussi.
Pour un ménage dont le logement est chauffé à l'électricité, Hydro-Québec estime que le chauffage et la climatisation représentent en moyenne 54 % de la consommation électrique.
Une bonne partie de l'énergie consommée sert donc simplement à maintenir une température confortable.
C'est assez facile à comprendre avec un exemple. Si un logement perd rapidement sa chaleur, le chauffage doit repartir plus souvent pour maintenir la température souhaitée. Un bâtiment qui conserve mieux cette chaleur peut, à l'inverse, limiter ces besoins.
Hydro-Québec rappelle également que les infiltrations d'air peuvent représenter jusqu'à 25 % des pertes de chaleur d'une habitation. L'isolation et l'étanchéité ne sont donc pas seulement des sujets techniques pour les spécialistes du bâtiment. Elles ont aussi un effet très concret sur la consommation.
Quand on visite un logement, on remarque naturellement la cuisine, la salle de bain, la luminosité ou encore la taille des pièces.
On pense beaucoup moins à ce qui se passe derrière les murs.
Pourtant, l'isolation, les fenêtres, l'étanchéité et la conception générale du bâtiment jouent toutes un rôle dans sa performance énergétique.
Le Code de construction du Québec prévoit d'ailleurs des exigences en matière d'efficacité énergétique, notamment concernant l'isolation, la performance thermique de certains éléments et le traitement des ponts thermiques.
Pour le futur occupant, le principe est assez simple.
Moins de chaleur qui s'échappe, c'est moins de chaleur à remplacer.
Et quand il fait moins 20 degrés dehors, ce n'est pas vraiment le genre de détail qu'on a envie de découvrir après avoir signé son bail.
Le système de chauffage mérite lui aussi qu'on s'y attarde.
Une plinthe électrique produit directement de la chaleur. Une thermopompe fonctionne autrement : elle déplace la chaleur plutôt que de la produire directement de cette façon.
Selon Hydro-Québec, une thermopompe peut être jusqu'à trois fois plus efficace que les plinthes électriques pour le chauffage pendant la saison froide.
Hydro-Québec indique aussi qu'une thermopompe peut réduire de 25 à 40 % la consommation d'électricité liée au chauffage comparativement à des plinthes électriques utilisées seules.
Cela ne veut évidemment pas dire que tous les logements équipés d'une thermopompe auront la même facture.
La superficie, le nombre d'occupants, la température choisie et les habitudes de vie comptent aussi.
Mais le principe est intéressant : quand le chauffage représente une aussi grande part de la consommation électrique, le système utilisé mérite forcément d'entrer dans l'équation.
C'est probablement le réflexe qui mérite de changer.
Prenons deux appartements assez similaires.
Le premier est un peu moins cher chaque mois, mais le bâtiment est plus ancien et le chauffage demande davantage d'électricité.
Le second coûte un peu plus cher, mais il est mieux isolé et équipé d'une thermopompe.
Lequel est le plus économique ?
Avec le seul prix affiché dans l'annonce, impossible de le savoir.
Il faudrait aussi connaître la consommation d'énergie.
C'est ce qu'on pourrait appeler le coût réel du logement : ce qu'il coûte réellement une fois qu'on y vit, pas seulement ce qu'il faut payer pour obtenir les clés.
Cette façon de comparer devient particulièrement pertinente en 2026.
Les tarifs d'électricité évoluent, et une dépense mensuelle qui paraît secondaire sur papier peut finir par représenter une somme importante sur une année.
Il faut quand même éviter les raccourcis.
Un logement neuf ne garantit pas une facture d'Hydro-Québec minimale.
Un grand appartement consommera généralement plus qu'un petit. Une famille n'aura pas les mêmes besoins qu'une personne seule. La température choisie et les habitudes quotidiennes font aussi leur part du travail.
Le véritable intérêt du neuf est ailleurs.
Le bâtiment est conçu selon des exigences plus récentes, avec des solutions qui peuvent améliorer sa performance énergétique et son confort.
Et certaines choses que l'on ne pense pas à vérifier pendant une visite peuvent finalement compter beaucoup.
Quel est le système de chauffage ?
Une thermopompe est-elle installée ?
Quelles sont les caractéristiques des fenêtres ?
Comment le bâtiment est-il isolé ?
Existe-t-il des informations sur la consommation énergétique du logement ou de l'immeuble ?
Ce sont des questions assez simples. Pourtant, elles permettent de comparer deux logements de manière beaucoup plus réaliste.
La hausse des tarifs d'Hydro-Québec rappelle quelque chose que l'on oublie facilement lorsqu'on cherche un appartement ou une propriété : le prix affiché ne raconte pas toute l'histoire.
Il faut aussi penser à ce que coûte le logement une fois qu'on y habite.
Le chauffage. L'électricité. La climatisation. Les autres dépenses qui reviennent chaque mois.
C'est là que l'efficacité énergétique prend de plus en plus d'importance.
Le neuf n'est pas forcément moins cher.
Il peut toutefois être conçu pour limiter les pertes de chaleur et mieux utiliser l'énergie nécessaire au confort du logement.
Et avec des tarifs d'électricité qui évoluent, cette différence mérite d'être regardée de près.
La prochaine fois que vous comparerez deux logements, ne regardez donc pas seulement le montant affiché.
Le loyer vous dit combien coûte le logement. Sa performance énergétique vous aide à comprendre combien il coûte réellement à habiter.
Enzo est cofondateur de Vistoo. Avec plus de cinq ans d’expérience dans l’industrie, il maîtrise autant le marché locatif que le marché des ventes, en plus d’avoir une solide expérience en construction et gestion immobilière. Diplômé en marketing, il a aussi réalisé plusieurs projets universitaires liés à l’immobilier.
Quand il ne travaille pas sur Vistoo, vous le trouverez sur un terrain de soccer, à faire du sport, ou avec son laptop en voyage, incapable de vraiment décrocher du travail.